À Shanghai, AGIBOT a dévoilé Worken, un indicateur de productivité robotique, tout en présentant sa nouvelle pile matérielle, logicielle et modèle.
AGIBOT a profité de son Innovation Day 2026 à Shanghai pour proposer Worken, une métrique censée mesurer le travail utile réellement produit par les robots une fois déployés. En parallèle, le groupe a présenté la plateforme AHA3, le modèle GO-3 Preview, WITA-Omni, le robot industriel G2 Max et le système Link-U OS 1.0.
Ce qu’AGIBOT essaie de vendre ici n’est pas seulement un robot de plus. C’est une unité de compte. Et dans la robotique humanoïde, ce glissement compte presque autant que le matériel lui-même.
Le groupe chinois, qui rappelait en septembre avoir sorti son 20 000e robot de chaîne, a aligné à Shanghai une annonce assez dense, détaillée par un premier compte rendu puis par le communiqué complet. Le point le plus intéressant reste Worken, parce qu’il touche au nerf du secteur, mesurer enfin ce qu’un robot produit vraiment sur site.
Changer la métrique, pas seulement le discours
AGIBOT définit Worken comme des « heures de travail intelligent effectif ». La formule est simple sur le papier, nombre de robots actifs multiplié par heures de travail autonome, puis par un ratio d’efficacité de sortie.
Derrière cette simplicité, il y a un tri important. On ne compte pas les robots fabriqués ni ceux stockés. On ne compte pas non plus le simple temps sous tension. Et la production est ramenée à une référence concrète, par exemple le volume de travail acceptable qu’un humain réalise selon un standard donné.
Peng Zhihui résume l’idée ainsi, « Nous voulons aller au-delà du nombre de robots construits ou livrés et commencer à mesurer avec quelle efficacité ils peuvent réaliser un travail utile, de façon autonome et constante, dans le monde réel ». C’est aussi, au passage, une manière de parler économie, le matériel se déprécie, mais de meilleurs logiciels peuvent augmenter la valeur extraite de la même machine sur sa durée de vie. Le rapport 2026 Embodied Intelligence Industry Innovation Report intègre déjà Worken et des cas de déploiement de l’entreprise.
Une pile technique pensée pour le terrain
L’autre message, plus classique mais cohérent, c’est la pile complète. AGIBOT a présenté AHA3, sa troisième architecture humanoïde, qui unifie locomotion, interaction et exécution de tâches dans une seule base matérielle. Le groupe met en avant le calcul intégré, le Wi-Fi 6, la 5G et des moteurs revus pour réduire la complexité d’intégration.
S’ajoutent un refroidissement liquide pour les articulations, des joints protégés IP67, la famille OmniHand 3 en trois versions et le préhenseur tactile OmniPicker 3. Ce n’est pas spectaculaire à lire, mais techniquement, c’est plutôt cohérent avec une logique d’exploitation continue.
GO-3 et WITA-Omni cherchent la preuve par les benchmarks
Avec sa présentation détaillée de GO-3, AGIBOT pousse aussi ses modèles. GO-3 Preview, bâti sur WRAM, combine raisonnement, prédiction et action. L’entreprise dit avoir montré des capacités zero-shot et few-shot, et relie l’ensemble à une boucle d’amélioration continue après déploiement.
Les scores avancés sont solides sur le papier, première place sur RoboDojo en taux de réussite et score de processus, meilleure note globale sur RoboTwin, première place aussi sur RoboColiseum. De son côté, WITA-Omni fusionne vision, voix, dialogue temps réel, expressions et gestes, avec exécution sur appareil et conversation full duplex. AGIBOT affirme que le modèle est en tête sur plusieurs benchmarks d’interaction, dont Daily-Omni.
G2 Max, déploiements réels et pari open source
Le robot lancé formellement ce jour-là, G2 Max, vise l’industrie lourde. Il affiche 21 degrés de liberté, jusqu’à 40 kg en manipulation bi-bras et une hauteur de travail réglable de 0,1 à 2,5 m. Contrôle en force, mobilité omnidirectionnelle, fonctions de sécurité, tout est calibré pour cohabiter avec des lignes existantes.
AGIBOT cite des déploiements chez Longcheer, dans le packaging et test de semi-conducteurs, autour de machines CNC et en logistique. Hors usine, le groupe met en avant Guangzhou Metro et le complexe Chimelong pour l’accueil, les réponses aux questions et le service interactif. La société explique d’ailleurs que Worken doit rester spécifique à chaque tâche, parce qu’une ligne de production et un site recevant du public ne produisent pas la même valeur.
Reste Link-U OS 1.0, présenté comme un OS natif pour l’intelligence incarnée, déjà validé sur des robots produits en série. Le projet est en test chez certains partenaires, avec don à la fondation OpenAtom, un écosystème revendiqué de 255 universités, 511 entreprises et plus de 80 000 développeurs, et une ouverture complète du code visée d’ici fin 2026.