Le fondeur chinois Biren veut accélérer la production de ses GPU avec environ 821 millions d’euros frais. Derrière l’opération, une fenêtre de marché très concrète.
Biren lève environ 821 millions d’euros (7 milliards HK$, 892,5 M$) via une nouvelle émission d’actions pour accélérer la production de ses GPU. Le groupe de Shanghai, coté à Hong Kong depuis janvier, veut répondre à une demande en forte hausse des clouds, centres de données IA et entreprises chinoises. L’opération dit autant la pression commerciale actuelle que le trou laissé par Nvidia sur ce marché.
Le plus intéressant, ici, n’est pas seulement la taille du chèque. C’est ce qu’il dit du marché chinois des accélérateurs IA. Quand les meilleures puces de Nvidia circulent moins, ou moins bien, la question change vite, vous le voyez, elle devient industrielle, pas seulement technologique.
Chez Biren, cette fenêtre vaut désormais une levée d’environ 821 millions d’euros (7 milliards HK$, 892,5 M$). Et l’entreprise va vite.
Une levée massive, mais surtout très ciblée
Biren va émettre 153 millions de nouvelles actions à 46,2 dollars de Hong Kong l’unité, soit une décote de 9,9% sur le cours de clôture de vendredi, à 51,3 HK$. Les détails figurent dans son dépôt boursier, relayé par le South China Morning Post.
L’usage des fonds, lui, est net. Environ 60% iront à la commercialisation et à la production de masse de la prochaine génération de GPU généralistes. Encore 20% seront fléchés vers la recherche. Le reste servira aux investissements et au fonds de roulement. Bref, pas une levée pour embellir le bilan.
Le vrai moteur, c’est la demande locale
Dans son document, Biren explique que les fournisseurs cloud, les centres de données IA et les clients entreprises augmentent fortement leurs déploiements de calcul IA. Reformulé plus simplement, les commandes montent, et il faut des capacités pour suivre.
La société dit aussi qu’elle a besoin de capital pour accélérer la production de ses prochains GPU et honorer les livraisons à temps. C’est là que l’histoire devient concrète. Une levée de fonds n’a de sens que si l’inférence tourne derrière, et si les racks se remplissent vraiment.
Une course chinoise qui s’intensifie
Biren n’est évidemment pas seule. Le papier de The Next Web rappelle que Moore Threads, Cambricon et MetaX visent les mêmes acheteurs chinois.
Et le terrain se charge encore. En juin, MetaX, autre acteur de Shanghai, a indiqué préparer une cotation à Hong Kong, après un passage par le marché STAR de Shanghai. De son côté, Kunlunxin, la filiale puces de Baidu, chercherait une valorisation d’au moins 14 milliards d’euros (100 milliards de yuans, 14,7 Md$) pour sa propre opération hongkongaise.
Le marché applaudit, puis se ravise
Le contraste est parlant. L’action a d’abord gagné plus de 2% en séance lundi, avant de finir en baisse de 5,4%. Pourtant, depuis l’introduction en Bourse de janvier à Hong Kong, le titre reste en hausse de près de 150%.
Cette prudence n’est pas absurde. Biren avait déjà consommé plus de 70% du produit de son IPO à la fin juin. Le rythme de financement est agressif, donc le rythme de dépense l’est aussi.
Biren n’est pas Nvidia, et c’est justement le sujet
Techniquement, Biren reste en retrait face à Nvidia. Et en Chine, les accélérateurs IA les plus puissants passent encore souvent par des conceptions sur mesure chez Huawei et d’autres, plutôt que par des GPU généralistes.
Mais l’opportunité est là. Les contrôles américains ont réduit l’accès des clients chinois aux puces IA les plus avancées de Nvidia. Du coup, du matériel local, moins fort mais disponible, devient un vrai business. C’est cette équation, plus que la communication financière, que Biren essaie d’acheter avec 7 milliards de HK$.