BYD promet des humanoïdes fonctionnels dès août, Figure montre une montée d’échelle autonome, Extropic attaque le coût énergétique de l’IA.
Trois signaux, un même déplacement. BYD promet des humanoïdes fonctionnels en août dans son espace Di Space, Figure montre un Figure 03 grimpant seul une échelle, et Extropic sécurise une lettre d’intention pouvant atteindre environ 69 millions d’euros (75 M$) pour ses puces probabilistes. Autrement dit, la robotique humanoïde avance sur le terrain, pendant que le hardware tente de desserrer la contrainte énergétique de l’IA.
Les annonces n’ont rien à voir en apparence. Et pourtant, elles racontent la même chose. Dans l’IA physique, il ne suffit plus d’avoir un bon discours, il faut avancer sur trois fronts à la fois, la mobilité, l’outil industriel et l’efficacité énergétique.
C’est ce qui rend la séquence intéressante. D’un côté, un géant de l’automobile s’invite dans les humanoïdes. De l’autre, une startup montre un geste de locomotion encore rare. Et derrière, un pari matériel tente de réduire la facture électrique de l’inférence.
BYD arrive par l’usine, pas par la promesse
Chez BYD, l’essentiel n’est pas seulement l’annonce d’un dévoilement en août, repérée par le South China Morning Post relayé ici. Le groupe précise que ses robots seront fonctionnels et présentés dans une exposition interactive à Di Space, où le public pourra interagir avec eux.
Le point qui pèse, c’est le profil de l’entreprise. BYD fabrique déjà en interne une large part de ce dont elle a besoin, notamment des batteries et des semi-conducteurs. Là où Tesla a surtout poussé le logiciel et la conduite autonome, BYD a construit sa force sur l’échelle industrielle, la batterie et une gamme très large de véhicules. En juin, Stella Li a confirmé un investissement important dans l’IA. Vu la vitesse prise par la robotique humanoïde en Chine, ce n’est pas un détour exotique, c’est une extension assez logique.
Monter une échelle, et montrer ce qu’on ne dit pas
La vidéo publiée par Brett Adcock sur X, reprise par Interesting Engineering et détaillée par Heise, montre un Figure 03 montant de façon autonome ce qui ressemble davantage à une petite échelle à marches, avec rampe fixe, qu’à une échelle raide.
Ça reste une tâche sérieuse. Il faut coordonner bras, jambes et tronc, corriger l’équilibre en temps réel, percevoir l’environnement et décider vite. La vidéo ne montre ni assistance humaine visible ni téléopération, mais Figure ne donne pas les détails techniques ni le taux de réussite. On voit aussi le robot analyser régulièrement ses points d’appui, ce qui dit quelque chose de la difficulté réelle.
Le candidat le plus probable derrière cette démo, c’est Helix, le modèle vision-language-action embarqué localement dans le robot. Son dernier update combine perception visuelle et contrôle du corps entier. Les stéréocaméras ne servent plus seulement à voir la pièce, elles aident aussi le robot à estimer sa propre posture, au-delà de la seule proprioception. Pas mal de chercheurs y voient un progrès réel, sans valider pour autant toute la démonstration. Et l’ETH Zurich avait déjà montré en 2024 qu’ANYmal pouvait grimper une échelle verticale avec 90 % de réussite, via apprentissage par renforcement.
Le vrai plafond de l’IA reste électrique
Pendant ce temps, Extropic a annoncé le 30 juillet une lettre d’intention non contraignante avec le Department of Commerce américain, pouvant aller jusqu’à environ 69 millions d’euros (75 M$), via le CHIPS Research and Development Office, comme l’explique cette source.
La startup du Massachusetts veut accélérer ses unités d’échantillonnage thermodynamiques, ou TSU. L’idée est nette, utiliser les fluctuations naturelles de transistors CMOS pour du calcul probabiliste, plutôt que d’empiler uniquement de la logique numérique classique. Si le projet va au bout, il financera la puce Z1, des systèmes plus larges, puis une production américaine de la future Z1.5.