DeepSeek change d’échelle avec un tour qui dit son virage stratégique

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DeepSeek — ADN

DeepSeek approche un premier tour externe d’environ 6,8 milliards d’euros. Le montant frappe, mais la vraie bascule est ailleurs: le labo devient une entreprise.

DeepSeek finalise son premier tour externe, autour de 50 milliards de yuans, pour une valorisation comprise entre environ 48 et 54 milliards d’euros (52 à 59 milliards de dollars). L’opération n’est pas encore bouclée, mais elle marque déjà une rupture nette. Le labo chinois, devenu une référence avec ses modèles V3 et R1, passe d’une logique d’indépendance à une logique de financement structuré.

Pendant dix-huit mois, DeepSeek a occupé une place assez rare dans l’IA, celle du labo dont tout le monde parle mais dans lequel personne, ou presque, ne peut investir. Ce verrou est en train de sauter. Le sujet n’est pas seulement la taille du chèque. C’est le changement de statut. DeepSeek, longtemps financé sans capital externe, s’apprête à faire entrer autour de la table des investisseurs stratégiques, des fonds et des attentes beaucoup plus concrètes.

Un tour massif, mais surtout un premier vrai tournant

D’après les informations publiées par le South China Morning Post et recoupées ailleurs, le groupe finalise un tour de plus de 50 milliards de yuans, soit environ 6,8 milliards d’euros (7,4 milliards de dollars). La valorisation visée se situe juste sous environ 55 milliards d’euros (60 milliards de dollars), ou entre environ 48 et 54 milliards d’euros selon les versions publiées. Le contraste est net avec avril, quand DeepSeek valait environ 9 milliards d’euros (10 milliards de dollars). En quelques mois, on parle donc d’un multiple proche de six. Et le tour pourrait être clos dans les prochaines semaines.

Liang Wenfeng met l’argent, donc garde la main

Le détail le plus parlant n’est peut-être pas le plus spectaculaire. Liang Wenfeng, fondateur et directeur général, apporterait à lui seul environ 20 milliards de yuans. C’est une part énorme du financement. Selon The Next Web, cette structure dit quelque chose d’essentiel: le fondateur cherche à préserver le contrôle d’une société qu’il a menée avec une indépendance assez atypique. DeepSeek vient de l’orbite de High-Flyer, le fonds quantitatif créé par Liang. Le capital externe arrive, mais il n’efface pas d’un coup la logique d’origine.

Tencent et CATL n’apportent pas la même chose

Côté investisseurs, Tencent serait attendu autour de 10 milliards de yuans, CATL autour de 5 milliards. NetEase et JD.com ajouteraient chacun environ 3 milliards. Des fonds comme IDG CapitalMonolithLoyal Valley Capital et Shixiang Tech sont aussi cités. Bon, ce n’est pas une simple liste de noms. Tencent apporte potentiellement du cloud et de la distribution. CATL, lui, signale autre chose: l’entrée d’un champion industriel dans l’équation. Startup Fortune insiste justement sur ce point, l’IA chinoise se finance de plus en plus avec du capital domestique stratégique, pas seulement avec du venture classique.

DeepSeek a prouvé l’efficacité, il doit maintenant prouver le business

La réputation de DeepSeek s’est construite sur V3 et R1, des modèles admirés jusque dans la Silicon Valley pour leur raisonnement, leur coût d’entraînement contenu et leur ouverture. En clair, le labo a montré qu’on pouvait faire beaucoup avec moins. Mais la suite coûte cher quand même. Il faut du compute, des chercheurs, des produits, des canaux commerciaux. Les sources convergent sur ce point: DeepSeek n’a pas encore un moteur de revenus à la hauteur de sa notoriété. Ce tour sert aussi à ça, transformer un labo très regardé en entreprise capable de vendre, déployer et tenir dans la durée.