Figure AI | VEKIRA https://vekira.com Veille IA et robotique humanoïde, sans la hype Mon, 29 Jun 2026 12:39:27 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.1 https://vekira.com/wp-content/uploads/2026/05/cropped-apple-touch-icon.webp Figure AI | VEKIRA https://vekira.com 32 32 Chez BMW, Figure 03 passe du test à la logistique grandeur nature https://vekira.com/chez-bmw-figure-03-passe-du-test-a-la-logistique-grandeur-nature-122 Tue, 30 Jun 2026 08:00:08 +0000 https://vekira.com/?p=122 Le point intéressant n’est pas juste qu’un nouveau robot arrive chez BMW. C’est que Figure 03 change de terrain. Après un pilote dans la carrosserie, le constructeur l’envoie en logistique, là où les volumes sont plus récurrents et où la question de la montée en charge se pose vraiment. À Spartanburg, on n’est plus dans la démo de salon. BMW parle de Physical AI, mais, en gros, il s’agit d’intégrer un humanoïde dans un flux de production réel, avec cadence, contrainte et coactivité humaine.

Un deuxième robot, mais surtout un autre niveau d’ambition

Selon le communiqué de BMW GroupFigure 03 va désormais trier et séquencer des pièces dans l’usine américaine. Ulrich Wieland, vice-président Production Control and Logistics de BMW Manufacturing, présente même Spartanburg comme le lieu de naissance de la robotique humanoïde dans les opérations quotidiennes du groupe. Le contraste est là. On passe d’un pilote ciblé à un usage qui revient sans cesse dans l’automobile, donc à un test plus sérieux sur la scalabilité.

Le précédent Figure 02 a servi de preuve en conditions réelles

Avant cela, Figure 02 avait travaillé pendant dix mois, ou onze selon les prises de parole de BMW et de Figure AI, dans l’atelier carrosserie. Sa tâche consistait à insérer des éléments de tôle pour le soudage, une opération rapide, précise et physiquement exigeante. Au total, le robot a contribué à la production de plus de 30 000 BMW X3, comme le rappellent BMWBlog et HeiseBrett Adcock, patron de Figure AI, résume ce bilan ainsi : « Notre déploiement de 11 mois de Figure 02 a prouvé que les humanoïdes ne sont plus des expériences de laboratoire ». C’est la vraie base du projet actuel.

Le cas d’usage visé est répétitif, physique, et très répandu

Cette fois, les composants arrivent mélangés dans de grands contenants. Figure 03 les prend, les trie, puis les place dans un chariot de séquençage. Le chariot rejoint ensuite un point de collecte avant d’être acheminé soit par un train tracteur automatisé, soit par un Smart Transport Robot, jusqu’à la ligne, où les pièces sont livrées just in sequence. C’est banal, justement. Et c’est pour ça que le choix est intéressant. BMW vise une tâche monotone, répétitive et pas très agréable ergonomiquement, pas une opération spectaculaire.

Hall 52, iFACTORY, AIQX, le robot n’arrive pas seul

Figure 03 entre dans le Hall 52, agrandi pour assembler le X3 et, plus tard, l’iX5 électrifié. Ce bâtiment fonctionne déjà avec les briques de BMW iFACTORY : simulations 3D, Virtual Factory pour ajuster les gestes humains et repérer tôt les problèmes d’ergonomie, puis AIQX pour la détection visuelle et acoustique des défauts en temps réel. BMW a déjà standardisé cet outil dans ses usines et étudie son ouverture à des fournisseurs.

Ce que BMW teste vraiment maintenant

Le matériel de Figure 03 suit cette logique. Le robot gagne des composants souples pour limiter le risque en cas de contact, une recharge sans fil pour améliorer sa disponibilité, un système audio pour parler avec les opérateurs, et des mains revues avec capteurs tactiles et caméras dans les paumes pour manipuler plus finement. D’autres sources insistent sur le même point : chez BMW, l’idée affichée n’est pas de remplacer la ligne, mais de déplacer vers le robot les tâches monotones, pénibles ou critiques pour la sécurité.

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Figure AI montre de l’endurance, pas encore un entrepôt rentable https://vekira.com/figure-ai-montre-de-lendurance-pas-encore-un-entrepot-rentable-66 Mon, 18 May 2026 13:28:17 +0000 https://vekira.com/?p=66 Figure AI a réussi une démonstration utile, mais incomplète. Mi-mai 2026, sa flotte de robots humanoïdes F.03 a trié plus de 30.000 colis en plus de 24 heures, selon Business Insider et les déclarations de son PDG Brett Adcock. Le point fort est l’endurance autonome avec relais entre robots et redémarrage logiciel. Le vrai trou, pour un acteur valorisé près de 37 milliards d’euros (40 Md$), reste ailleurs : on n’a ni taux d’erreur consolidé, ni coût par colis, ni preuve de tenue dans un centre logistique réel.

Ce que le livestream prouve vraiment

Le chiffre qui compte n’est pas les vues, même si elles sont massives. Figure AI affirme que trois robots humanoïdes F.03 ont enchaîné d’abord huit heures, puis plus de 24 heures de tri autonome, avec plus de 30.000 colis manipulés selon Business Insider. Pour une entreprise valorisée près de 37 milliards d’euros (40 Md$), la promesse implicite est simple, transformer une prouesse d’atelier en capacité industrielle.

Le passage utile de la démo est ailleurs. Brett Adcock met en avant un fonctionnement autonome avec le système Helix-02, un réseau neuronal qui pilote perception et mouvement directement à bord du robot, plus des mécanismes de reset automatique quand la politique de contrôle sort de son cas habituel. On voit aussi une petite logique de flotte, un robot travaille, deux autres attendent sur chargeur, puis prennent le relais.

C’est plus sérieux qu’un clip de trente secondes.

Dans les plus de 3 millions de vues cumulées après 24 heures, il y a évidemment du spectacle. Mais il y a aussi un message à destination des acheteurs, le système tient une tâche répétitive sur la durée, et la continuité de service ne dépend pas d’un seul robot héros.

La cadence n’est qu’un morceau du problème

Figure AI dit approcher la vitesse humaine, autour de trois secondes par colis selon Adcock. Très bien. Sauf que dans un centre logistique, la vitesse seule ne suffit pas.

Ayanna Howard, doyenne du College of Engineering de Ohio State University, a résumé le sujet dans Business Insider avec une formule assez juste, cela ressemble encore à un « science project ». Elle cite des colis mal orientés, un autre éjecté du convoyeur, et surtout le fait que la tâche montrée ne couvre qu’un fragment du process logistique. Réception, variabilité des formats, exceptions, bourrages, cohabitation humaine, tout cela ne se voit pas dans le flux.

Les doutes sur une éventuelle téléopération, c’est-à-dire une reprise à distance par un humain, ont aussi circulé après quelques gestes bizarres aperçus à l’écran. Figure AI les nie et insiste sur une décision prise depuis les caméras embarquées, sans opérateur externe, comme le rapporte la description du run de plus de 24 heures. Le point important n’est pas la rumeur elle-même. C’est le fait qu’une démo vraiment prête pour le déploiement n’alimente plus ce genre de soupçon, parce qu’elle publie des métriques propres.

Le chiffre qui manque est celui du colis

On connaît la valorisation. On connaît la durée du test. On ne connaît pas le plus important.

Il manque au minimum quatre nombres pour juger la viabilité économique de Figure AI dans l’entrepôt.

  • Le taux d’erreur complet, pas quelques extraits vidéo.
  • Le coût par colis traité, énergie, amortissement et supervision inclus.
  • Le temps moyen entre pannes, autrement dit la vraie fiabilité.
  • Le nombre d’heures utiles avant recharge, hors mise en scène avec robots de relève.

Sans ça, la phrase “parité humaine” reste trop légère. Une cadence équivalente à celle d’un préparateur n’a de sens que si le robot tient cette cadence avec moins de retouches, moins d’arrêts, et un coût total inférieur ou au moins prévisible. Pour un industriel, la question n’est pas “est-ce que ça marche sur X ?”. C’est “combien coûte une ligne, combien de personnes restent autour, et quelle marge on récupère”.

Le contraste avec la valorisation est rude. Selon Business Insider, Figure AI tourne autour de 37 milliards d’euros (40 Md$). À ce niveau, le marché ne paie plus une belle vidéo. Il paie un futur parc déployé, du revenu récurrent, et une courbe de coûts qui descend assez vite pour survivre à la concurrence.

La démo dit aussi quelque chose sur la bataille commerciale

Le direct n’était pas destiné seulement au grand public. Les investisseurs Jesse Coors-Blankenship et Gregg Hill, de Parkway Venture Capital, expliquent dans Business Insider qu’ils suivaient la démonstration depuis New York. Là, on touche le vrai rôle de l’opération, montrer à la fois la stabilité logicielle et la capacité à raconter cette stabilité.

Figure AI en a besoin, parce que le secteur devient serré. Agility Robotics rappelle que son robot Digit a déjà été déployé chez Amazon, Schaeffler Group et GXO, toujours selon Business Insider. Tesla, Unitree et Apptronik avancent chacun avec un narratif différent, intégration verticale, agressivité prix, ou exécution industrielle.

Et il y a un passif. L’an dernier, Fortune avait mis en doute la présentation du travail de Figure AI avec BMW, contestée par Adcock. C’est précisément pour ça qu’un livestream long compte, il sert de pièce publique dans un dossier de crédibilité déjà discuté.

Le précédent utile n’est pas dans la robotique virale

Ce type de moment rappelle moins une vieille démo de robot qu’un mécanisme déjà vu dans l’IA. En 2011, IBM avait gagné Jeopardy! avec Watson, une démonstration spectaculaire, parfaitement réelle, qui a ensuite eu beaucoup plus de mal à se convertir en produit rentable à grande échelle dans la santé. La leçon n’est pas que la démo était fausse. La leçon est que la métrique spectaculaire n’était pas la bonne métrique commerciale.

Le cas Figure AI est intéressant pour la même raison. La société a probablement montré un vrai saut en autonomie embarquée, en coordination de flotte et en reprise sur incident. Mais tant que Figure AI ne publie pas un protocole propre, avec erreurs mesurées, volume non recyclé de colis et comparaison de coût total de possession, la scène reste plus proche d’une audition commerciale que d’un déploiement prouvé.

Business Insider ajoute un détail qui pèse lourd, le convoyeur formait une grande boucle et les mêmes colis repassaient en continu. Pour tester l’endurance logicielle, c’est défendable. Pour mesurer la réalité d’un entrepôt, ça ne suffit pas.

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