Maven Robotics lève 91 M€ et sort du stealth avec ses robots

Bras robotique portant un médaillon 91 M€
Image d'illustration. Maven Robotics lève 91 M€ en série A. — ADN

La start-up de Santa Clara annonce environ 91 M€ (100 M$) en Serie A et des robots deja actifs chez un client Fortune 250. Ce detail change la lecture du dossier.

Maven Robotics sort du stealth avec environ 91 M€ (100 M$) en Serie A, mais l’element le plus parlant est ailleurs : la start-up dit avoir deja des robots en service chez un groupe de grande consommation du Fortune 250. Jusqu’a huit machines y tournent 16 heures par jour avec au moins 99 % de disponibilite. Pour une jeune pousse fondee en 2024, c’est un signal nettement plus solide qu’une simple demo.

La robotique industrielle adore les videos. Ce dossier, lui, devient interessant a partir du moment ou Maven Robotics parle de deploiements actifs.

La start-up de Santa Clara, fondee en 2024, annonce environ 91 M€ (100 M$) en Serie A et sort enfin du stealth. Mais ce qui retient l’attention, c’est la presence deja revendiquee de flottes chez un client de grande consommation du Fortune 250. Pas un pilote pose pour la photo, a en croire Hamza Derbas, mais des robots qui enchainent plusieurs shifts.

La levee compte, mais la mise en production compte plus

D’apres Hamza Derbas, Maven Robotics a obtenu son premier gros contrat alors qu’elle n’avait encore qu’un concept tres embryonnaire. Au lieu de vendre un robot abstrait, l’equipe aurait cartographie les flux d’usines et d’entrepots du client pour identifier un process automatisable de bout en bout, comme le rapporte Digital Market Reports.

Aujourd’hui, jusqu’a huit robots opereraient 16 heures par jour avec un uptime d’au moins 99 %. Dans ce secteur, le contraste est net. Beaucoup de start-up levent sur une promesse d’inference embarquee ou sur un design propre. Ici, l’argument avance tient en une mesure simple, la tenue en production.

Un robot pense pour un flux complet, pas pour un geste

Le point de depart de Maven Robotics, c’est le mixed-case palletizing et le tote handling, deux taches que l’entreprise valorise a 80 milliards de dollars, soit environ 73 milliards d’euros. En clair, il s’agit de recomposer des palettes melangees pour les magasins a partir de produits venus de plusieurs sites.

Les robots reposent sur une base roulee, peuvent atteindre 10 miles par heure, soit environ 16 km/h, et embarquent deux bras capables de lever 30 kilos. Le systeme se connecte au logiciel de gestion d’entrepot et vise le workflow complet jusqu’aux sorties de marchandises, pas seulement une prise ou un depot, selon SiliconANGLE.

La societe insiste d’ailleurs sur une integration conjointe du hardware, du software et de l’IA, du robot individuel jusqu’au reseau de flotte. C’est une these assez coherente pour l’industriel, clairement plus exigeante qu’un assemblage de briques achetees ailleurs.

Une equipe compacte, mais un pedigree industriel tres cible

Maven Robotics a été cofondee par les freres Hamza Derbas et Khalid Derbas. Le premier dirige la societe apres un passage de neuf ans dans le spécial projects group d’Apple, souvent associe au programme de voiture autonome. Le second, CFO, vient du private equity.

La structure reste légère, entre 23 et 34 salaries selon les sources. On retrouve aussi les noms de Michelle Nader et Troy Carter, sans rôles publics précis pour l’instant. Maven Robotics met surtout en avant une equipe issue d’Apple, Tesla, Rivian, Cruise, Zoox, Ford et Archer Aviation.

Le vrai enjeu, c’est l’echelle et les heures d’operation

Le tour est mené par RoboStrategy, avec LocalGlobe, Vine Ventures et XTX Ventures. Avant cela, la start-up avait deja reuni environ 16 M€ (18 M$) auprès de Creator Fund, Phoenix Court et Plug and Play, d’apres Crypto Briefing.

L’argent doit financer 250 robots de troisième génération et le début de conception d’une quatrième plateforme. Maven Robotics dit viser plus de 100 000 heures d’opérations autonomes réelles d’ici fin 2026, puis plus d’un million fin 2027, alors meme que le secteur continue d’avaler du capital, 18,8 milliards de dollars investis mondialement au premier semestre 2026, soit environ 17 milliards d’euros, pour encore peu de deploiements tangibles comme le rappelle Robotics et Automation News.

Benjamin Romei

Spécialiste IA

Veille quotidienne sur l'intelligence artificielle et la robotique humanoïde pour Vekira.

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