OpenClaw 2.0 élargit ses agents avec 16.000 PR et le mode équipe

Logo OpenClaw fendu sur une déchirure
Image d'illustration. OpenClaw 2.0 ajoute un mode équipe. — ADN

Version la plus massive du projet open source, OpenClaw 2.0 simplifie l’onboarding, refond le navigateur et ajoute des sessions partagées.

OpenClaw 2.0 n’est pas une simple mise à jour. La plateforme open source d’agents IA ajoute des sessions partagées, refond son app navigateur et simplifie fortement l’installation en réutilisant abonnements ChatGPT, Claude, clés API et modèles locaux déjà présents. Avec 933 contributeurs et plus de 16.000 pull requests, c’est de loin la release la plus lourde du projet.

On voyait surtout OpenClaw comme un agent personnel auto-hébergé. Avec la version 2.0, le cadre bouge. Le logiciel commence à ressembler à un workspace agentique, où une tâche peut circuler entre personnes, machines et sessions sans perdre son contexte.

Ce glissement compte plus que le bruit autour de la taille de la release. Parce qu’un agent utile ne vaut pas grand-chose s’il reste coincé sur un seul poste, dans une seule fenêtre.

Un agent personnel qui commence à travailler en équipe

Les Shared Cloud Sessions sont la nouveauté la plus nette. Plusieurs utilisateurs peuvent rejoindre une session en cours, reprendre une tâche ou la transmettre à quelqu’un d’autre avec son contexte intact. OpenClaw appelle ça le mode « multiplayer » et dit l’utiliser déjà pour développer le projet lui-même.

Les sessions peuvent tourner à trois endroits, d’après la documentation relayée par The Decoder : sur la gateway locale, sur du matériel connecté via paired devices, ou sur des machines éphémères louées via Crabbox, avec des backends comme AWS ou Hetzner. Les identifiants du fournisseur restent sur la gateway, pas sur la machine distante.

L’installation recule, la conversation avance

Le chantier de départ, c’était l’onboarding. La 2.0 détecte ce que l’utilisateur a déjà, abonnement ChatGPT ou Claude, clés API, modèles locaux, puis repousse une partie des réglages après le premier échange. En gros, on entre plus vite dans une conversation utile.

L’app navigateur, reconstruite de zéro selon le blog d’OpenClaw, ouvre désormais directement sur ce chat. On peut y finir la configuration, relancer un travail en cours ou suivre l’exécution en direct. Elle ajoute aussi un Session Rail, un fil compagnon pour poser des questions sans interrompre l’agent, et des dashboards plus lisibles.

Mémoire, automatisation et contrôle machine gagnent en portée

La liste des capacités s’allonge franchement. Active Memory peut récupérer des éléments limités de conversations privées passées. Grounded Dreaming compacte en arrière-plan du contenu utile en mémoire longue. Un système auto-apprenant réutilise des enseignements validés, y compris via le Skill Workshop.

Côté action, les automatisations restent liées à la conversation d’origine, les tâches récurrentes pourront fonctionner avec une approbation unique, et un plugin IMAP peut déclencher le travail de l’agent à partir d’un email entrant. Sur Mac, l’agent contrôle aussi l’interface desktop. Sur Windows et Linux, c’est encore expérimental. Les conversations deviennent consultables, ramifiables et rembobinables, sans annuler les actions déjà exécutées.

La sécurité progresse, mais le risque central reste là

C’est le contraste le moins confortable de cette release. Les notes détaillées ajoutent des demandes d’identifiants sans texte en clair, des permissions plus fines pour les sessions partagées, des revues de confiance pour les plugins, des rôles opérateur nommés et des threads incognito, comme l’ont relevé Heise et d’autres sources.

Mais le risque de prompt injection reste explicitement reconnu par le projet quand un agent traite du contenu non fiable avec des outils très permissifs. Et le sandboxing reste désactivé par défaut.

OpenClaw change d’échelle dans l’écosystème des agents

Près de sept semaines sans release, c’était inhabituel pour un projet qui avait livré 106 versions en 230 jours. Cette fois, la pause a produit une masse rare, 933 contributeurs dont 569 nouveaux, plus de 16.000 pull requests, soit environ la moitié de tout ce qui avait été fusionné jusque-là.

Face à OpenAI, Google, Anthropic ou Microsoft, OpenClaw garde son avantage là où il est attendu, open source, auto-hébergement, liberté de modèle. Et il devient aussi une brique pour d’autres, puisque Microsoft s’appuie sur lui pour Scout et Nvidia propose des mécanismes additionnels avec NemoClaw. Les utilisateurs existants devront quand même absorber quelques ruptures, le plugin OpenProse disparaît, la commande /prose aussi, et les routes OpenAI basculent vers le format openai/* avec outils de migration.

Benjamin Romei

Spécialiste IA

Veille quotidienne sur l'intelligence artificielle et la robotique humanoïde pour Vekira.

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