Apptronik ouvre Robot Park, là où se joue la course humanoïde

Apollo 2 déborde sur Robot Park
Image d'illustration. Robot Park prépare déjà Apollo 3. — ADN

Avec Robot Park et Apollo 2, Apptronik mise sur un actif rare en robotique, la donnée réelle. Derrière l’annonce, c’est déjà la rampe de lancement d’Apollo 3.

Apptronik a ouvert à Austin un Robot Park de près de 90 000 pieds carrés, soit environ 8 400 m², pour faire travailler des flottes d’humanoïdes et récupérer les données qui manquent encore au secteur. En même temps, la société a officialisé Apollo 2, déjà utilisé depuis plus d’un an comme plateforme de collecte. Le tout alimente Gemini Robotics, chez Google DeepMind, avant l’arrivée d’Apollo 3.

Pendant des années, la robotique humanoïde a vendu des vidéos. Là, Apptronik vend autre chose, une usine à expérience réelle.

À Austin, la société ouvre un Robot Park de près de 90 000 pieds carrés, environ 8 400 m², et met ses robots au travail sur des tâches de logistique, d’industrie et de retail. L’idée est simple sur le papier, beaucoup moins dans l’exécution, accumuler des données physiques à cadence industrielle pour entraîner les modèles qui piloteront les prochaines générations.

La bataille se déplace du robot vers la donnée

Ce que décrit eWeek, ce n’est pas un labo de recherche classique. Robot Park sert de site d’apprentissage à l’échelle production, avec des flottes déjà actives sur place et dans un réseau plus large de sites partenaires et clients dans le monde.

Jeff Cardenas résume l’idée avec une formule assez juste: « Nous avons une usine qui produit des robots, nous avons aussi une usine qui produit des données ». Ce point compte, parce que le goulot d’étranglement du secteur n’est plus seulement le hardware, mais la qualité de la donnée embarquée.

Apollo 2 n’est pas le produit final, c’est la machine d’apprentissage

En parallèle, Apptronik officialise Apollo 2, en version bipède et en version à roues. La première vise les environnements plus proches de l’espace humain, la seconde les usages industriels où la stabilité, l’autonomie et la conformité aux standards actuels de sécurité des robots mobiles comptent tout de suite.

Selon l’entreprise, Apollo 2 travaille déjà depuis plus d’un an comme plateforme principale de collecte. Republic World ajoute qu’Apptronik a déjà construit des centaines d’unités, même si Cardenas n’a pas donné le nombre exact de robots actifs. Les pilotes doivent se poursuivre jusqu’à la fin 2026, avant des déploiements de production plus larges à partir de 2027.

Le pari DeepMind donne de la puissance, pas l’exclusivité

Le vrai levier, c’est le lien avec Google DeepMind. Les données récoltées par Apollo 2 servent à faire progresser Gemini Robotics, avec une boucle continue entre travail réel, collecte, puis entraînement. Markets Insider précise que cette collecte mêle téléopération, exécution autonome et simulations physiques haute fidélité.

Il y a aussi une ambiguïté stratégique. Cardenas dit que Google a été clair sur son ambition de bâtir une sorte d’« Android pour la robotique ». Autrement dit, l’intelligence nourrie par Apptronik pourrait un jour profiter à d’autres partenaires.

Apollo 3 arrive derrière, avec un sujet très terre à terre

C’est là que l’annonce devient plus intéressante qu’un simple lancement de site. Forbes rapporte qu’Apollo 3, attendu l’an prochain, sera le premier vrai produit commercial de la gamme. Apollo 2, lui, reste un prototype de pilotes à grande échelle et de collecte.

Le chantier annoncé est très concret, coût de nomenclature, nouveaux effecteurs terminaux, nouvelle pile de capteurs, travail spécifique sur la safe perception et la sécurité des bipèdes. Pas mal de sociétés promettent des humanoïdes. Apptronik, qui a levé 520 millions de dollars, environ 483 millions d’euros, en février sur une valorisation d’environ 5 milliards de dollars, soit 4,64 milliards d’euros, explique surtout comment elle compte passer du prototype à la marge brute.

Benjamin Romei

Spécialiste IA

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