Avec Atoms, Kalanick lève 1,6 Md€ et vise l’industrie robotisée

Kalanick, Atoms et bras robotique
Image d'illustration. Kalanick parie sur l’industrie robotisée. — ADN

Le fondateur d’Uber réunit environ 1,6 milliard d’euros pour Atoms, une structure issue de CloudKitchens et Pronto qui parie sur l’IA industrielle.

Atoms, la société de Travis Kalanick, a levé environ 1,6 milliard d’euros (1,7 Md$) dans un tour mené par Andreessen Horowitz. Ben Horowitz rejoint le conseil, tandis qu’Uber figure parmi les investisseurs. Derrière le montant, il y a un pari très net sur l’IA industrielle, avec trois branches, Atoms Food, Atoms Mining et Atoms Transport.

En quelques lignes, le message est limpide. Le capital continue de se déverser dans l’IA physique, mais il préfère désormais les usages lourds, concrets, capex-intensifs, à la simple promesse de robots spectaculaires.

Le cas Atoms, détaillé par Investing.com et TechCrunch, est assez parlant. Travis Kalanick ne revient pas avec une app, mais avec une structure qui veut automatiser ce qui fait, déplace et stocke la matière.

Un tour massif, avec un symbole en plus

Andreessen Horowitz mène ce tour de table d’environ 1,6 milliard d’euros (1,7 Md$), et Ben Horowitz prend un siège au conseil. Dans l’equity, on retrouve aussi Bain Capital, Fifth Wall, SV Angel, K5 Global, Abstract, Chemistry, A* et Alpha Square Group. Et puis il y a Uber, ce qui donne à l’opération une portée presque personnelle après le départ forcé de Kalanick en 2017.

Côté dette, Bank of America, Goldman Sachs, Wells Fargo, JPMorgan et Barclays sont cités comme partenaires. La taille de cette facilité n’a pas été rendue publique.

Atoms, ce n’est pas une page blanche

Atoms repose sur une base déjà existante. La société est présentée comme une holding construite au-dessus de CloudKitchens, l’ex-City Storage Systems, à laquelle s’est ajouté Pronto, société d’automatisation pour industrie lourde acquise en mars 2026 et auparavant dirigée par Anthony Levandowski.

Le financement accompagne aussi la fusion de plusieurs activités dans une structure capitalistique unique. Ben Horowitz parle d’un projet travaillé depuis huit ans. Disons que ce détail compte, parce qu’il suggère autre chose qu’un simple rebranding opportuniste.

Pourquoi Kalanick vise des robots spécialisés

Le pari n’est pas l’humanoïde universel. Dans son texte publié par StartupHub.ai, a16z insiste sur des robots spécialisés, jugés mieux adaptés aux tâches industrielles. Atoms se répartit en trois blocs, Food, Transport et Mining, avec une cible plus large qui inclut aussi la construction et, en gros, toutes les industries où l’on transforme, stocke ou déplace des biens physiques.

Kalanick résume sa trajectoire ainsi, « Du carburant pour terminer l’arc bits-vers-atomes commencé chez Uber, poursuivi chez CloudKitchens et que nous allons maintenant achever chez Atoms ». Il décrit aussi l’entreprise comme un OEM bâtissant des « ordinateurs à base d’atomes ».

Le vrai sujet, c’est l’intensité capitalistique

Le timing n’a rien d’anodin. Selon les chiffres repris par Tech in Asia et d’autres sources, le financement mondial de la robotique a atteint un record d’environ 51 milliards d’euros (55,8 Md$) début juin 2026. La veille de l’annonce d’Atoms, la société britannique Humanoid levait environ 140 millions d’euros (152 M$) sur une valorisation d’environ 1,2 milliard d’euros (1,35 Md$).

En toile de fond, Tesla et Optimus continuent de cadrer la conversation, alors même que ses dépenses IA et robotique ont dépassé environ 23 milliards d’euros (25 Md$) sur l’année. Chez Atoms, la valorisation post-money reste inconnue. Les métriques commerciales aussi.

Benjamin Romei

Spécialiste Robotique

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