Le chinois D-Robotics lève environ 367 M€ (400 M$) pour étendre ses puces Sunrise et sa pile logicielle, déjà utilisée à grande échelle.
D-Robotics a levé environ 367 M€ (400 M$) en série C, la plus grosse opération robotique en Chine depuis quatre ans. L’entreprise veut élargir sa gamme de puces Sunrise et bâtir une plateforme logicielle couvrant toute la chaîne robotique, de la collecte de données au déploiement. Ce n’est pas un détail, sa puce S600 équipe déjà plus de 20 clients de l’IA incarnée en six mois.
Le signal est assez net. Dans la robotique, une partie du capital commence à préférer la couche commune aux vitrines les plus visibles.
D-Robotics, fournisseur chinois d’infrastructure de développement robotique, annonce une série C de environ 367 M€ (400 M$). La société parle de la plus grosse levée robotique en Chine sur les quatre dernières années. Un grand groupe internet mondial est entré au tour, aux côtés d’investisseurs déjà présents et d’institutions financières de premier plan, sans être nommé. Des médias chinois évoquent une grande plateforme qui avance dans l’IA incarnée.
Ce choix d’allocation n’est pas anodin. Depuis deux ans, l’écosystème humanoïde chinois accélère, mais chacun a souvent bricolé sa propre pile, avec le coût et les doublons que cela suppose.
L’argent va d’abord vers la couche de base
La levée servira à deux chantiers. D’un côté, D-Robotics veut étendre son portefeuille de puces Sunrise sur tous les niveaux de calcul, des robots domestiques sobres en énergie jusqu’aux humanoïdes capables d’exécuter de grands modèles. De l’autre, l’entreprise finance une plateforme logicielle couvrant toute la chaîne, de la collecte de données à la simulation, puis au déploiement dans le monde réel.
L’idée, reformulée simplement, est d’éviter aux équipes de réécrire le code entre le virtuel et le physique. Un robot peut être entraîné en simulation, testé, puis déployé sur la machine avec le même socle logiciel. L’annonce de l’entreprise décrit cet ensemble comme une infrastructure intégrée matériel-logiciel pour tous les scénarios, des catégories mûres aux humanoïdes généralistes.
Une traction déjà visible dans les chiffres
La société n’arrive pas avec un simple récit. Au premier semestre 2026, son chiffre d’affaires a progressé de plusieurs fois sur un an. Les expéditions cumulées de puces Sunrise dépassent 8 millions d’unités, son activité d’IA incarnée est entrée en production de masse, et sa pile intégrée a terminé une validation à grande échelle.
Ce point compte, parce que la robotique adore les démos et beaucoup moins la répétabilité industrielle.
Le S600 sert de point de ralliement
L’exemple le plus parlant reste la puce S600, lancée en novembre 2025 pour les usages d’IA incarnée. En six mois, elle a été adoptée par plus de 20 clients majeurs. Parmi eux, UBTECH, Astribot, FOURIER, Booster Robotics, TARS, Spirit AI, X Square Robot et PaXini Tech.
Les usages couvrent les humanoïdes, les robots roulants industriels, la fabrication flexible d’électronique grand public, la perception omni-modale et les modèles de base incarnés. Une majorité de ces partenaires est déjà en production de masse. La lecture sectorielle est assez claire, si plusieurs fabricants partagent déjà la même puce, ils peuvent aussi mutualiser outils, modèles et parfois données.
Un écosystème qui dépasse les seuls fabricants
D-Robotics pousse aussi son programme DGP, désormais mis à jour, qui accompagne les innovateurs du développement produit jusqu’au choix de la supply chain, à la stratégie go-to-market et même aux roadshows de financement. Plus de 500 innovateurs y sont passés, répartis sur 10 catégories de frontière, dont les humanoïdes open source, l’imagerie IA, le coaching sportif IA, les modèles d’IA incarnée et les robots compagnons domestiques.
À cela s’ajoute une base plus large, plus lente à construire et souvent plus solide. Plus de 500 universités et plus de 100000 développeurs dans plus de 20 pays ont créé des centaines de types de robots IA sur la plateforme de D-Robotics, pour des millions d’utilisateurs.