L’ex-Kiwibot sort du robot de livraison pour viser l’atelier et l’entrepôt. Son R-noid arrive avec un vrai plan de déploiement, pas juste une démo.
Robot.com, l’ex-Kiwibot, lance R-noid, un humanoïde sur roues destiné aux tâches répétitives en logistique, restauration, santé et industrie. La société affirme pouvoir passer de la visite du site à l’exploitation sur place en huit à douze semaines, avec déjà moins de 40 unités déployées chez une douzaine de clients. Son pari n’est pas le robot universel, mais l’automatisation très concrète du travail en environnement réel.
Le point intéressant n’est pas seulement qu’un spécialiste du robot de livraison se mette à l’humanoïde. C’est la forme que prend ce virage. Robot.com arrive avec un robot de site, sur roues, volontairement borné dans ses usages, là où beaucoup de discours sur les humanoïdes restent encore très larges.
L’entreprise, basée à San Francisco et anciennement connue sous le nom de Kiwibot, explique travailler à cette extension depuis près de deux ans. Sa base installée sur les campus lui a déjà ouvert des portes commerciales. Le raisonnement est assez simple, et plutôt cohérent : après la mobilité, venir vendre de la manipulation.
Un humanoïde qui évite le piège du robot à tout faire
D’après les détails donnés à Business Insider, R-noid doit préparer des postes, charger ou décharger des cartons, et emballer des commandes. La société le présente comme un robot de travail pratique, pas comme un assistant personnel capable de tout faire partout.
Les premiers usages annoncés vont du packing à l’accueil, en passant par le picking, le pliage textile et l’assistance en restauration. Cela représente 19 tâches réparties sur cinq catégories, pour des secteurs qui reviennent dans toutes les versions du discours de l’entreprise : logistique, industrie, santé, food service, hôtellerie et lieux expérientiels.
Côté matériel, Interesting Engineering évoque deux bras robotisés à 7 degrés de liberté, capables de porter jusqu’à 4 kg chacun, un torse articulé à 4 degrés de liberté et une portée verticale jusqu’à 1,9 mètre. La base mobile, elle, est pensée pour bouger dans des espaces déjà existants, sans gros retrofit d’infrastructure.
Le vrai actif de Robot.com, c’est le déploiement
Là, Robot.com essaie de parler en opérateur plus qu’en labo. La société dit avoir déjà déployé 500 robots, majoritairement des robots de livraison, et exécuté plus de 2,5 millions de tâches. Pour R-noid, elle parle de moins de 40 unités commerciales chez environ une douzaine de clients.
Le délai affiché, huit à douze semaines, compte beaucoup. Il inclut une visite du site, l’identification des tâches automatisables, puis la collecte de données pour affiner les modèles. Sur certains cas, cela peut monter à 50 heures de données avant mise en service. Au départ, l’entreprise vise environ 70% d’autonomie, avec téléopération et support distant dans la boucle.
Le cerveau vient des partenaires, pas d’une promesse vague
Le robot agrège plusieurs briques. Felipe Chavez explique que Robot.com travaille depuis l’an dernier avec Physical Intelligence pour développer des modèles sur mesure. Selon The AI Insider, la manipulation repose sur le modèle vision-langage-action π0.7.
La société ajoute aussi FieldAI pour ses foundation models, censés aider le robot à opérer dans des environnements changeants, sans carte préalable, et à coordonner plusieurs machines. Le stack embarque également Nvidia, avec des modules Jetson pour la perception, le planning et le contrôle, tandis que Isaac Sim sert à tester les robots avant déploiement.
Quelques déploiements, beaucoup de signal commercial
Un cas déjà cité se trouve au Harbor Links Golf Course, à New York, où un R-noid aide à charger de la nourriture dans des robots de livraison et à préparer les commandes. Un autre pilote avance dans l’agroalimentaire, sur des opérations de fin de ligne. Formic servira de partenaire de déploiement pour les clients.
Robot.com a montré le robot à Automate 2026, à Chicago, avec ses autres machines, et le pousse aussi à Cannes Lions comme partenaire robotique de l’espace IA et tech de PMG. Selon Robotics et Automation News, le design social du robot vient de Yukai Engineering via un système baptisé R-soul. Et dans le même temps, Diligent Robotics, Sunday Robotics ou Genesis AI misent eux aussi sur des robots roulants.